Chapitre VII : Charmutha, Becius : le royaume Pount et ses pays

Notre quête de Charmutha, l’une des plus célèbres cités du monde antique, se poursuit… Son fleuve, le Becius qui était l’un des plus puissants de la Péninsule Arabique, disparut progressivement sur une longue période de plusieurs siècles. Située entre Djeddha et Almojermah, au sud des cinq montagnes pyramidales et au nord de la colline plate, le fleuve traversait la barrière montagneuse entre les villes d’Ushash au nord et de Taïf au sud (voir chapitre IV sur le tropique du Cancer), en aval d’un lac de sable et en amont de la ville d’Al Qi’dubah (voir chapitre V sur les cascades du Hedjaz). Aujourd’hui, sa disparition nous paraît inconcevable. Et, pourtant, la désertification a réussi à tarir toutes les sources de ce puissant fleuve. Seul un dérèglement climatique peut avoir un tel effet et l’objectif de ce chapitre est d’exposer un exemple flagrant de cette désertification : les banizomènes, un des pays du royaume arabe de Pount.

 

Chapitre VII : Charmutha, Becius : le royaume Pount et ses pays

Charmutha-7-a

Figure VII.a : carte de la Péninsule Arabique par Ptolémée (référence n°8)

 

Ce dérèglement climatique eu un effet désastreux sur Charmutha et son port. Au Ier avant JC (50 ans B.C.), selon les dires de Diodore le Sicilien, l’accès à la cité était si vaste que 2.000 navires pouvaient en sortir rapidement et sans souci : « Et de l’entrée de ce port large de quatre-vingt toises, ils pourraient surgir 2 milles nefs. ». Un demi-siècle après (15 ans B.C.), selon Artémidore (témoignage rapporté par Strabon, référence n°2), la navigation était devenue complexe pour les bateaux : « l’ouverture est étroite et dangereuse pour toute espèce de bateaux ». Puis, au Ier siècle, le nom même de Charmutha disparut de la mémoire des hommes puisqu’il n’était plus mentionné dans « le périple de la mer Erythréenne » (référence n°13), ni sur les cartes de Ptolémée (voir figure VII.a, référence n°8).

Charmutha-7-b-1

 

Figure VII.b.1 : première carte de la Péninsule Arabique par Allain Manesson Mallet (référence n°14)

Charmutha-7-b-2

Figure VII.b.2 : deuxième carte de la Péninsule Arabique par Allain Manesson Mallet (référence n°14)

Quant au fleuve, les cartes de la péninsule arabique éditée par Allain Manesson Mallet (voir figure VII.b, référence n°14) montrent sa lente agonie. Sur la plus récente des deux, le Becius, renommé Eda, a perdu ses deux affluents, ceux du nord et du sud. Ce fleuve était situé juste à côté de la Mecque, la ville étant représentée par une mosquée avec une croix au-dessus. Il faut noter qu’avant la période des omeyyades (661-750), la croix faisait partie du monde arabo-musulman. Elle était ainsi visible sur les anciennes monnaies (voir figure VII.c, référence n°15).

Charmutha-7-c

Figure VII.c : premières pièces arabo-musulmanes (référence n°15)

Aujourd’hui, du Becius, il ne reste plus rien à part un couloir verdoyant au sud-est de Djeddha. Cette agonie, qui a duré plusieurs siècles, ne peut être possible que s’il y a eu modification du climat. Et une telle modification est le signe d’une catastrophe écologique qui devait être tant visible sur le paysage que sur la faune sauvage. Le témoignage de Diodore le Sicilien devient alors intéressant puisqu’il a été un témoin visuel du dérèglement climatique sur cette partie orientale de la mer Rouge, en particulier sur le pays des banizomènes. Au nord du puissant fleuve, il y avait d’abord un rivage de 300 km (62 lieux) puis au-delà une plage longue de 150 km (32 lieux) et difficile d’accès à cause des collines qui l’entouraient (voir figure VII.d).

Charmutha-7-d

Figure VII.d : carte géographique de la Mer Rouge (source google)

Voici ce que disait Diodore le sicilien au sujet de cette contrée : « S’ensuit après une contrée champêtre et humide avec abondance de ruisseaux qui font se nourrir et croître le Loton à la hauteur d’un homme. Et pour la bonté et grâce du pays, il y a non seulement un nombre infini de brebis et autre bétail : s’y refugient aussi les chameaux sauvages, les cerfs et les daims. Ils y viennent davantage des lieux désertiques pour le pâturage mais aussi les lions, les loups et les léopards contre lesquels les pasteurs sont contraints de combattre jour et nuit pour la garde et sécurité de leur bétail. Et ainsi la bonté du terroir apporte en même temps aux habitants des dommages et des dangers. Ainsi est fait la Nature qui entremet du mal à tous les biens qu’elle donne ».

Du temps de Jules César, de nombreux ruisseaux traversaient ce pays champêtre et ses habitants vivaient de la chasse mais aussi de l’élevage du bétail. Le climat y était humide et tempéré. Une plante importante, puisque citée par le navigateur, y poussait : le LOTON. Sa définition serait, d’après le site « dicolatin.com » (référence n°16), soit un lotus aquatique, soit un micocoulier (arbre de plusieurs mètres) ou soit un mélilot (plante fourragère qui peut atteindre 120 cm). Comme le « LOTON » pouvait atteindre la taille d’un homme, la seule et unique traduction est le mélilot. Cette plante, qui pousse exclusivement dans un environnement tempéré, est, à la fois, une herbe fourragère, aromatique mais aussi médicinale.

Le pays des banizomènes abritait aussi une fauve sauvage exceptionnelle : des lions, des léopards, des chameaux, des mulets, des cerfs, des daims, des loups… Les grands animaux carnivores étaient une calamité pour les hommes et leurs bétails alors que le climat de cette contrée était une bénédiction… Un peu plus au nord, à la frontière de l’Assyrie, dans l’Arabie rocailleuse, il y avait des girafes : « Les animaux que l’on appelle Camelopardz » (référence n°1, livre II, page 98). Dans ce livre ancien et tous ceux d’avant le XIXème siècle, la girafe était désignée soit par Camelopard (chameau tacheté), soit par Cameleopard (chameau + léopard). Pour information, le mot léopard est lui aussi un mot composé de 2 mots autres : leo/lion et de pardus/tâche.

Le paysage d’aujourd’hui est tellement différent de celui décrit par Diodore que nous pouvons nous poser la question si c’est vrai ou pas. En plus des récits, ils existent aussi d’autres témoignages qui confirment ce climat tempéré. Sur la carte de la péninsule arabique dessinée par Ptolémée, au nord de cette plage, il y avait un cap rocailleux « hippo mons » et une ville « hippo civita ». Le mot « Hippo », dans la langue grecque, désigne le cheval, ce qui a donné Hippopotame (cheval de rivière) ou Hippocampe (cheval et poisson de mer). L’étymologie suggère fortement qu’il existait dans cette contrée des chevaux sauvages. Et comme le zèbre, cet animal ne peut pas vivre dans une région désertique ou semi-désertique puisqu’il a besoin de boire régulièrement et de manger de l’herbe fraîche.

Autre témoignage, le récit d’Artémidore, rapporté par Strabon (référence n°2), confirme la présence, au moins, de lions dans la péninsule arabique : « Le pays abonde en éléphants et en fourmis-lions : ceux-ci ont les parties génitales placées en sens inverse ; leur couleur tire sur celle de l’or et ils sont moins velus que ceux de l’Arabie ». La formulation dans le texte est ambiguë puisqu’elle pourrait aussi suggérer la présence d’éléphants.

Quant à la girafe, dans la Bible (« La Bible », Deutéronome 14:5, référence n°17), elle fait partie de la liste des animaux consommables édictée par Moïse : « Voici les animaux que vous mangerez: le boeuf, la brebis et la chèvre; 5le cerf, la gazelle et le daim; le bouquetin, le chevreuil, la chèvre sauvage et la girafe ». Attention certains mettent en doute la traduction du mot juif « zemer » dans l’Ancien Testament à cause de l’absence d’une référence historique !!! Cependant, dans les versions grecques et latines, l’animal y est bien nommé camelopard et les traducteurs le connaissaient parfaitement. D’autre part, des gravures rupestres attestent la présence de cet animal dans toute la péninsule arabique, du nord (gravure dans le Sinaï et le Neguev, référence n°18) jusqu’au sud (référence n°19).

Charmutha-7-eFigure VII.e : fresques de Deir Al-Bahari (référence n°16, n°17 et n°18)

La présence ou pas d’animaux exotiques dans la péninsule arabique n’est pas anodine puisqu’elle remet en cause la localisation actuellement du royaume de Pount. Au XIXème siècle, les travaux de Brugsch (référence n°20) avaient montré une corrélation entre Pount et l’Arabie. Puis, avec la découverte des fresques de Deir Al-Bahari, les égyptologues dont Brugsch ont repositionné ce pays dans la savane africaine, à l’est de l’Afrique, à cause de sa faune sauvage (girafe, panthère, léopard, …). Avec le récit de Diodore le Sicilien, nous pouvons mettre en doute cette localisation actuelle et, même mieux, conclure que les fameux reliefs de Pount sont une « photographie » du paysage des banizomènes (Figure VII.e, Référence n°21, n°22 et n°23).

Dans cette liste des animaux sauvages, il en existe un typique de la faune de Pount : l’éléphant. Dans la fresque de Deir Al-Bahari, celui-ci y est présent par les nombreuses défenses embarquées sur les bateaux. Autre temps, autre pharaon, lors du règne de Ptolémée I Soter (332-282 BC), les égyptiens devaient récupérer des éléphants de guerre pour s’opposer à ceux alignés par les mésopotamiens. Pour cela, ils envoyèrent une expédition vers le royaume de Pount pour en ramener. Il faut noter qu’ils existent trois espèces réparties en deux genres distincts. L’Éléphant de savane d’Afrique et l’Éléphant de forêt d’Afrique, autrefois regroupés sous la même espèce d’Éléphant d’Afrique, appartiennent au genre Loxodonta, tandis que l’Éléphant d’Asie, anciennement appelé éléphant indien, appartient au genre Elephas. De ces trois espèces, celle des savanes africaines est la plus difficile à apprivoiser. C’est la raison pour laquelle les éléphants de guerre utilisés par les nord-africains (égyptiens et carthaginois) ont toujours été ceux des forêts. Aussi surprenant que cela puisse paraître, nous pouvons donc affirmer que le royaume de Pount ne pouvait pas être située dans la savane actuelle de l’Afrique à cause des pachydermes en question.

Pour affiner la position de Pount, il faut se rappeler deux autres histoires sur les éléphants. Primo, à la bataille de Raphia en 217 BC, Ptolémée IV disposa de 73 éléphants des forêts africaines en provenance de Nubie face aux 102 éléphants d’Asie alignés par Antiochos III. Secundo, d’après Strabon (référence n°2, page 269), les pharaons de la dynastie Ptolémée allaient chasser cet animal dans la partie actuelle du Soudan, au niveau de la ville de « Ptolémais près de la chasse des éléphants » … Mais alors, pourquoi Ptolémée I Soter irait-il chercher des éléphants à des milliers de km alors qu’ils en existent tout autour de la Mer Rouge ? Nous pouvons donc dire que Pount n’est pas si éloigné et que le royaume serait au nord de la latitude de 16°, au nord de la Nubie et de la ville de Ptolemais. Cependant la présence de ces pachydermes ne permet pas d’affirmer si Pount est oui ou non le long de la côte africaine puisqu’il existe des gravures rupestres sur la côte asiatique, tant au nord à Al-Ula (référence n°24) qu’au sud (référence n°19). Et, en plus, selon Diodore (référence n°1, Livre II, page 100), du temps de Jules César, il existait encore des troupeaux d’éléphant sur la côte océanique de la péninsule arabique.

Mais que représentait réellement ce royaume mystérieux pour les pharaons ? Pour y répondre à cette question, il faut exploiter le magnifique livre de J.H. Breasted : « Ancient Records of Egypt » (référence n°25) dont voici les principales références sur Pount :

–   Tome I, 6ème Dynastie, Pepi II, Inscription de Harkhuf, page 159, §351 : Le nain de Harkuf ressemblait à celui rapporté par Burted de Punt pour le pharaon Isesy ».

–   Tome I, 6ème Dynastie, Pepi II, Inscription de Harkhuf, page 159, §353 : Le pharaon Pepi II s’intéressait plus au nain qu’aux cadeaux rapportés de Punt et du Sinaï.

–   Tome I, 6ème Dynastie, Pepi II, Inscription de Pepi-Nakht, page 162 et 163, §350 et §360 : le rapatriement du corps d’un noble égyptien tué sur la plage au nord de la mer Rouge.

–   Tome I, 6ème Dynastie, Pepi II, Inscription dans la tombe de Khui, page 164, §361 : Khui effectua onze expéditions à destination de Punt.

–   Tome I, 11ème Dynastie, Mentuhotep III, Inscriptions de Henu dans le Wadi Hammamat, page 209, §429 : un bateau pour de la myrrhe fraîche de Punt.

–   Tome I, 12ème Dynastie, Amenenhet II, Inscription du Sinaï dans le Wadi Gasus, page 275, §604 : Retour de Khentkhetwer de Punt par Sewew, Sewew et Coptos étant les deux extrémités du wadi Gasus.

–   Tome II, 18ème Dynastie, Thutmose III and Queen, The Punt reliefs, de la page 102 à 158, de §246 à §378.

–   Tome II, 18ème Dynastie, Thutmose III, Conspectus of campaigns, page 173, §406 : 8th campaign, année 33 : Les produits de Punt rapportés de Marvels étaient présentés en même temps que les tributs de Naharin, de Babylone et des hittites et des impôts collectés du Wawat.

–   Tome II, 18ème Dynastie, Thutmose III, Conspectus of campaigns, page 174, §406 : 13th campaign, année 38 : Les produits Punt rapportés par Marvels sont présentés en même temps que les tributs de Cyprus et d’Arrapakhitis et des impôts collectés du Kush et du Wawat.

–   Tome II, 18ème Dynastie, Thutmose III, 13th campaign, page 209, §506 et §513 : Les produits Punt rapportés par Marvels sont présentés en même temps que les tributs de Cyprus et d’Arrapakhitis et des impôts collectés du Kush et du Wawat.

–   Tome II, 18ème Dynastie, Thutmose III, Tomb of Rekhmire, page 289, §746 et 750 : Réception des produits de Pount en même temps que les tributs annuels des pays du Nord et du Sud.

–   Tome II, 18ème Dynastie, Amenhotep III, Inscription de Bubastis, page 339, §848 : La bataille contre la Nubie avec référence à Pount.

–   Tome II, 18ème Dynastie, Amenhotep III, Inscription de Bubastis, page 360, §890 : Hymne d’Amon : A l’Est, les pays de Pount.

–   Tome III, 19ème Dynastie, Harmhab, Graffiti dans la nécropole de Thèbe, page de 20 à 21, de §37 à §39 : L’expédition de Harmhab dans le Sud.

–   Tome III, 19ème Dynastie, Seti I, Reliefs de Karnak, page 37, §116 : Vers l’Est, les pays de Pount.

–   Tome III, 19ème Dynastie, Seti I, Reliefs de Karnak, page 75, §155 : L’ouverture d’une route commerciale avec Pount alors qu’au nord et au sud, c’est la soumission des pays.

–   Tome IV, 20ème Dysnatie, Medinet Habu, page 77, §129 : L’ouverture d’une route commerciale avec Pount alors qu’au nord et au sud, c’est la soumission des pays.

–   Tome IV, Papyrus Harris, 20ème Dysnatie, Ramses III, page 108 et 203, §181 et §407 : Les pays de Pount sont avant la grande mer aux eaux inversées.

–   Tome IV, Papyrus Harris, 25ème Dysnatie, Stèle de Tanutamon, page 471, §929 : Les pays de Pount sont avant la grande mer aux eaux inversées.

 

Attention, nous pouvons constater qu’il y a, aujourd’hui, déformations sur l’interprétation de certains textes historiques : le nain rapporté par Harkhuf ne provenait pas de Pount mais de Yam et celui-ci ressemblait à celui de Burted pour le pharaon Isesy ; les listes de Thutmose III ne contiennent pas les tributs des pays vaincus mais les présents pour une cérémonie (dont les tributs des pays vaincus, les impôts classiques et les produits ramenés de Pount) ; Le papyrus de Harris ne mentionne pas directement le golfe persique…

A partir du travail de Breasted, voici les principales remarques que nous pouvons en déduire sur Pount :

  • Pount n’est pas un pays mais un royaume avec plusieurs pays : les cadeaux provenaient de plusieurs régions dont Emu et Ta Netjer (The Punt Reliefs, §265, page 109).
  • Pount est à l’intérieure de la Mer Rouge : d’après le papyrus de Harris, le royaume était situé avant l’accès à la grande mer aux eaux inversés. Pour Breasted, cette grande mer était l’océan indien. Quant aux eaux qui s’inversent, c’est, pour moi, une définition « poétique » des marées. Ce phénomène était peu connu des anciens égyptiens puisque les amplitudes en Méditerranée et dans la mer Rouge sont faibles. Les anciens scribes d’Egypte ne connaissaient ces mouvements d’eaux que dans l‘océan Indien et dans le golfe persique.
  • Pount est situé à l’Est de l’Egypte : chaque fois qu’une direction est mentionnée, c’est toujours l’orient (pour exemple, l’Hymne d’Amon, §892).
  • Sa partie septentrionale est proche du Sinaï : en plus du nain, Harkhuf avait rapporté des cadeaux de Pount et du Sinaï.
  • Pount était présent au sud de l’Egypte : Amenhotep III et Harmhab furent en guerre contre ce royaume lors de leurs campagnes au sud.

 

Quelles conclusions, pouvons-nous en déduire ? Comme l’expédition de la reine Hatchepsout (XVème B.C.) partait depuis Coptos puis empruntait le wadi Hammami pour atteindre la mer, l’Est ne peut être, ici, que le rivage oriental de la mer Rouge. D’autre part, le royaume de Pount était juste au sud du Sinaï puisque leurs cadeaux avaient été présentés ensemble au pharaon Pepi II. Pour respecter l’ensemble de ces conditions, le royaume de Pount ne peut être que celui des arabes, la péninsule arabique étant à l’Est et le pays de banizomènes et le Sinaï étant de chaques côtés du golfe d’Aqaba…

Cette théorie d’un royaume arabe est la plus cohérente de toutes celles avancées. Dans le livre « Mysterious lands » (voir référence n°26), le professeur Meeks y détaille les principales raisons qui permettent d’affirmer que Pount et l’Arabie ne sont qu’une seule et même entité. Cependant, cette théorie présente des faiblesses, principalement sur les références africaines. Pour le professeur, celles-ci n’ont pas lieu d’exister puisque ce sont des erreurs d’interprétation : – les personnes d’apparence africaine sur la fresque de Deir-al-Bahari seraient des esclaves ; – la crue du Nil décrite dans la stèle de Defenneh serait plutôt une pluie ; – le nom de Pount sur la liste de Ptolémée des pays au sud de l’Egypte devrait être plutôt associée aux pays du nord…

Charmutha-7-f

Figure VII.f : carte de l’Egypte selon Ptolémée (référence n°8)

A la différence de D. Meeks, j’estime qu’il y a trop de référence à un pays africain de Pount pour exclure cette possibilité. Et la réponse se trouve dans le livre de Ptolémée, en particulier la carte de l’Egypte (figure VII.f). Le long du rivage occidental de la mer Rouge, il existe un peuple appelé « arabes egypti ».  Puis, plus au sud, il y a un pays indépendant ou autonome peuplé d’arabe « adei ». Ce pays était situé entre la mer Rouge et le Nil et entre les deux premières cataractes du fleuve. Avec cette terre arabe en Afrique, toutes les références africaines sur Pount deviennent alors cohérentes : une forte pluie au-delà de la première cataracte peut provoquer une inondation conséquente du Nil ; lors des campagnes, Pount pouvait être directement en conflit avec le Pharaon à cause de ses terres africaines ; sur les fresques de Deir Al-Bahari, les africains représentés pouvaient être les chefs du pays adei…

Charmutha-7-g

Figure VII.g : le Tilapia un poisson d’eau douce de Pount (référence n°21)

Après avoir défini le royaume de Pount et sa géographie, quel pays arabe pouvait être représenté sur les fresques de Der Al-Bahari ? Il faut noter que les égyptiens n’étaient pas de grands marins et n’osaient pas trop affronter l’océan indien avec ses marées impressionnantes. Logiquement, ce pays devait être à l’intérieur de la Mer Rouge. D’autre part, nous pouvons affirmer que ce pays était alimenté par un puissant fleuve pour deux raisons au moins : 1 – parmi les poissons dessinés, il y a des espèces d’eaux douces dont le tilapia (Référence n°21, n°22 et n°23, figure VII.g) ; 2 – les habitations sont des huttes sur pilotis afin de se protéger des crues.

Charmutha-7-hFigure VII.h : liste des zones inondables autour de la mer Rouge (source Google)

A partir de la topographie actuelle, nous pouvons donc en déduire cinq zones géographiques inondables aux alentours de la mer Rouge (figure VII.h) :

1 – Au milieu du rivage occidental de la mer Rouge : Pays des Addei avec les wadis Hudayn (puis wadis Figu et Hudayn)

2 – Au sud du rivage occidental de la mer Rouge, à la frontière de l’Erythrée : Baraka (puis khor Langeb et Anseba)

3 – Au nord du rivage oriental de la mer Rouge : Pays des banizomèbes avec le wadi al Hamd (puis Wadis Al Ays, Al Aqq, Malal, al Jazzi et al Ghamrah)

4 – Au milieu du rivage oriental de la mer Rouge : Charmutha avec le wadi Fatimah

5 – Au Sud du rivage oriental de la mer Rouge : Pays de Pudni avec les wadis Jizan et Sabya

charmutha-7-i

Figure VII.i : Rhinocéros à une corne de la fresque de Deir Al-Bahari (référence n°27)

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Figure VII.j : rhinocéros de la Grande Chasse à la Villa Casame en Sicile (référence n°25)


charmutha-7-k

Figure VII.k : Rhinocéros à une corne du temple Amon (« Le rhinocéros est une licorne en Egypte », référence n°27)

Rapidement, nous pouvons exclure la deuxième possibilité puisqu’il existe une frontière linguistique. Au-delà du pays adei, les rivières asséchées s’appellent « Khor » au lieu de « wadi » pour les arabes. Quant à la première possibilité, nous pourrions l’exclure puisque les seules gravures des éléphants montés par des cornacs ont été observées sur la partie asiatique (référence n°19, figure VII.l) mais l’absence de représentations n’est pas une preuve de l’incapacité des africains à apprivoiser cet animal. Nous pourrions aussi remarquer que le rhinocéros représenté sur les fresques de Deir Al-Bahari (figure VII.i) n’a qu’une seule corne et que cette espèce n’existe que sur le continent asiatique. Ils existent, cependant, de nombreuses représentations de cet animal en-dehors de sa zone géographique actuelle : les gravures rupestres dans le Sahara, le rhinocéros offert au roi de Babylone, la mosaïque de la Grande Chasse (Référence n°25, « Villa Casale », Italie, figure VII.j), la gravure égyptienne du temple Amon qui serait un cadeau des nubiens (« Le rhinocéros est une licorne en Egypte », référence 26, figure VII.k), le rhinocéros de Diodore (« au-dessus des naseaux il porte une corne basse », référence n°1, Chapitre XVI, page 123) …  Personnellement, j’exclurait cette solution pour deux autres raisons : primo, l’expédition de Hatchepsout n’avait pas besoin d’y aller en bateau puisqu’il suffisait de passer la première cataracte ; secundo, le couple royal vivait principalement du côté de la péninsule arabique…

Charmutha-7-x

Figure VII.l : gravure rupestre d’un cornac avec son éléphant (référence n°19)

Pour déterminer la solution qui puisse être la plus probable des trois restantes, la faune sauvage de Pount ne peut plus être un indicateur. Il faut s’intéresser à d’autres indices qui peuvent apporter des réponses pertinentes. Et l’ensemble de ces remarques suggère que le pays des Banizomènes représenté sur la fresque est celui de Deir Al-Bahari :

1 – lors de l’expédition pour la reine Hatchepsout, les bateaux prenaient la direction du pays divin (Punt reliefs, page 106, §253) et cette direction est souvent associée à l’Est. Une traversée longitudinale de la mer Rouge aboutit au sud de la plage des banizomènes ;

2 – D’après Diodore, au sud de cette plage, sur l’une des trois îles, il y avait des colonnes à la gloire d’ISIS et cette déesse était souvent confondue avec HATHOR, surnommée la reine de Pount. Ici, il y avait sûrement un temple dédié aux déesses Isis et Hathor.

3 – le pays des banizomènes possédait le temple le plus sacré des arabes. Le roi étant le représentant de Dieu sur la Terre, le couple royal ne pouvait pas ne pas vivre à côté de ce lieu sacré ;

4 – A Al-Ula, les franciscains avaient déterré une statue qui ressemblait à un égyptien (référence n°30). Dayton y avait remarqué une gravure d’éléphant d’inspiration égyptienne (référence n°31). Le style égyptien prédominait dans cette région et pourrait montrer l’existence d’un lien culturel fort entre l’Egypte et ce pays.

En conclusion, la désertification qui a asséché le fleuve eu des impacts catastrophiques sur l’ensemble des pays côtiers de la mer Rouge. Les fresques de Deir Al-Bahari étant une « photographie » du magnifique paysage lors de la période des pharaons, celles-ci témoignent de la disparition d’un milieu propice à la faune sauvage et à l’homme. Et parmi ces pays, il y avait celui des banizomènes qui était tempéré et agréable jusqu’au temps de Jules César. Pour comprendre la fin de Charmutha, il faut donc rechercher l’origine de ce dérèglement climatique. Et la prochaine étude permettra d’apporter les explications à la disparition de l’un des plus grands ports de l’Antiquité.

Nota Bene : Le 17 Janvier 2017, Macron et ses sbires ont choisi volontairement de massacrer des innocents en rejetant le transfert de l’aéroport à Notre-Dame-Des-Landes, puisque le bruit et la pollution des avions TUENT… De nombreuses études scientifiques ont démontré la corrélation de la mortalité et la présence des avions (+100% pour la mortalité pré-fœtale et cardiaque, …). Massacrer des hommes ou des femmes dans une démocratie n’est possible que pour des raisons sanitaires (par exemple le vaccin), écologiques ou économiques… Ne pas transférer l’aéroport ne va pas réduire le nombre de mort au contraire puisque 50.000 personnes seront dans le couloir de la mort… Ne pas transférer ne va pas sauver des espèces fragiles au contraire puisque les oiseaux exceptionnels de la deuxième réserve naturelle de France seront exposés au stress des avions… Ne pas transférer l’aéroport ne va pas réduire les risques d’accident au contraire les risques de collision entre avions et oiseaux augmenteront avec risque d’accident majeur… Ne pas transférer l’aéroport ne va pas économiser au contraire il faudra gaspiller le budget d’une dizaine d’aéroport (rembourser Vinci, détruire et reconstruire l’aérodrome de Bouguenais, insonoriser 50.000 logements, …). Bref Macron et ses sbires n’ont aucune raison d’assassiner des honnêtes citoyens. Le massacre en masse s’appelle un crime contre l’humanité. Nous, les nantais, demandons la mise en examen de tous ces psychopathes qui tuent des hommes et des femmes pour leur bien-être personnel.

 

Charmutha , Bétius : Sommaire :

1 – Les récits de Charmutha

https://nantt44.wordpress.com/2017/07/21/chapitre-i-charmutha-betius-la-cite-mysterieuse-et-le-fleuve-disparu/

2 – Le littoral de Charmutha

Https://nantt44.wordpress.com/2017/07/26/chapitre-ii-la-quete-du-littoral-de-charmothas/

3 – les cartes de Ptolémée

https://nantt44.wordpress.com/2017/09/25/chapitre-iii-charmutha-becius-les-cartes-de-ptolemee/

4 – le tropique du Cancer

https://nantt44.wordpress.com/2017/12/21/chapitre-iv-charmutha-becius-le-tropique-du-cancer/

5 – les cascades de Charmutha

https://nantt44.wordpress.com/2018/02/08/chapitre-v-charmutha-becius/

6 – Becius, ce fleuve disparu

https://nantt44.wordpress.com/2018/04/06/chapitre-vi-charmutha-becius-becius-ce-fleuve-disparu/

7 – Le royaume de Pount et ses pays

https://nantt44.wordpress.com/2018/07/06/chapitre-vii-charmutha-becius-le-royaume-pount-et-ses-pays/

8 – l’Arabie Heureuse et le changement climatique

https://nantt44.wordpress.com/2018/10/23/chapitre-viii-becius-charmutha-le-changement-climatique/

9 – le Quersonnesse de Charmutha

A venir

10 – Le Cothone de Charmutha

A venir

11 – L’acropole de Charmutha

A venir

12 – Le pays divin

A venir

 

Bibliographie/Bibliography :

1 – « Les Trois premiers livres de l’histoire de Diodore Sicilien, historiographe grec » de Anthoine Macault en 1541 :

https://books.google.fr/books?id=biBkAAAAcAAJ&pg=RA3-PA129&dq=banizomenes&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiRk__y85nUAhUGMhoKHcaRD0IQ6AEIIjAA#v=onepage&q=banizomenes&f=false

2 – « Géographie de Strabon. » par François Jean Gabriel de L Porte Du Theil en 1819 :

https://books.google.fr/books?id=1ndNAAAAcAAJ&pg=PA187&dq=livre+XVI+strabo&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjDysXd9JnUAhVLPRoKHVOUCicQ6AEIIjAA#v=onepage&q=livre%20XVI%20strabo&f=false

3 – «The Historical Library of Diodorus the Sicilian »

https://books.google.fr/books?id=oysUAAAAYAAJ&pg=PA185&dq=carmutha&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjNr_PrkpDVAhUBzxQKHQaOD2wQ6AEIPjAD#v=onepage&q=carmutha&f=false

4 – Le catalogue du site “Ancien Ports Antiques” :

https://www.ancientportsantiques.com/the-catalogue/red-sea/

5 – Photos satellites à partir du site « google-maps.pro » :

http://google-maps.pro/satellite/Jeddah

6 – Topographie de la zone à partir du site « fr-fr.topographic-map.com » :

http://fr-fr.topographic-map.com/places/La-Mecque-4243501/

7 – Anciens témoignages sur les arabes :

https://sourcebooks.fordham.edu/ancient/arabia1.asp

8 – « Cosmographia » de Ptolémée aux alentours du 2ème siècle :

https://archive.org/stream/cosmographia00ptol#page/n109/mode/2up

9 – « Les dieux de l’Égypte : Que sais-je », n°1194

https://books.google.fr/books?id=EbEICwAAQBAJ&pg=PT30&dq=ba+dieux&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjp3_LhoMDWAhWoLMAKHTczA58Q6AEINjAC#v=onepage&q=ba%20dieux&f=false

10 – « Inclinaison de l’axe terrestre » : Wikipedia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Inclinaison_de_l%27axe

11 – « La Bible » : Génèse 2, 8-14

http://bible.archeologie.free.fr/jardinperdu.html

12 – « la Mer Rouge » : Wikipedia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_Rouge

13 – « le périple de la mer Erythréenne » :

http://remacle.org/bloodwolf/erudits/anonyme/periple1.htm

https://archive.org/details/periplusoferythr00schouoft

14 – « Description de l’Univers, Tome II, Asie Ancienne et Moderne » par Allain Manesson Mallet :

https://archive.org/stream/descriptiondelun00mane_1#page/182/mode/1up

15 – « Le monnayage islamique des origines à l’époque ottomane : éléments historiques » :

http://horizons-d-aton.over-blog.fr/article-17484532.html

16 – Traduction de LOTON par le site Dicolatin.fr :

http://www.dicolatin.com/XY/LAK/0/LOTON/index.htm

17 – « La Bible », deutéronome 14:5 :

http://saintebible.com/lsg/deuteronomy/14.htm

18 – « The shipwrecked sailor again », göttinger miszellen 24, 1977, p.94

19 – « La faune dans la roche » de Hervé Monchot, Charliy Polaikoff, Route de l’Orient, Hors-Serie 2016, p74-93 :

http://www.academia.edu/28933119/La_faune_dans_la_roche_de_l_iconographie_rupestre_aux_restes_osseux_entre_Dûmat_al-Jandal_et_Najrân_Arabie_Saoudite_

20 – « Les papyrus hiératiques de Berlin » de François Joseph Chabas :

https://books.google.fr/books?id=OhZKAAAAcAAJ&pg=PA59&dq=terre+divine+papyrus&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwij5I7rpL7ZAhUE2qQKHdQKC1kQ6AEIJjAC#v=onepage&q=terre%20divine%20papyrus&f=false

21 – « Seagoing Ships & Seamanship in the Bronze Age Levant » de Shelley Wachsmann

https://books.google.fr/books?id=apna4pv7Ks8C&pg=PA19&lpg=PA19&dq=byblos+punt&source=bl&ots=m2t9OHTJjY&sig=4fJaKwFz7xJEsBLAsJMKVovIEQI&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwih5e2TqI3aAhWJcRQKHVd8C-8Q6AEwAXoECAcQAQ#v=onepage&q=byblos%20punt&f=false

22 – « The temple of Deir el Bahari » par Edouard Naville :

https://archive.org/details/templeofdeirelba12egyp

23 – « The XIth dynasty temple at Deir el-Bahari » par Edouard Naville :

https://archive.org/details/xithdynastytempl30navi

24 – « The lost elephants of Arabia » de Dayton, Antiquity, Volume 42, Issue 165, Mars 1968, pp 42-45 :

https://www.cambridge.org/core/journals/antiquity/article/the-lost-elephants-of-arabia/DA3CE390FA7F137819B56B09DAB769CD#

25 – « Ancient Records of Egypt » de J.H. Breasted :

https://archive.org/details/BreastedJ.H.AncientRecordsEgyptAll5Vols1906

26 – « Mysterious lands » de O’Connors :

https://books.google.fr/books?id=tVy4Zsmkw9wC&pg=PA69&lpg=PA69&dq=punt+elephant+ptolemy+soter&source=bl&ots=dQiu4p6GU-&sig=Jy8KtZaVCyfz2JEDA0U3Z9mqNw8&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwi-sI2Q3pvaAhXDSBQKHQreBEUQ6AEwDHoECAMQAQ#v=onepage&q=punt%20elephant%20ptolemy%20soter&f=false

25 – « Villa Casale », mosaïque de la Chasse :

https://www.voyagevirtuel.info/italie/page/villa-casale-269.php

26 – « Le rhinoceros est une licorne en égypte » de Nicolas Manlius :

https://www.researchgate.net/publication/284030759_LE_RHINOCEROS_EST_UNE_LICORNE_EN_EGYPTE

27 – « Rhinocéros et la licorne » du magazine Pharaon :

https://www.pharaon-magazine.fr/category/pharaonplus/articles-pharaon-n-14

30 – « La mission en Arabie des pères A. Jaussen et R. Savignac » de Maurice Sartre, 1996 :

https://www.persee.fr/doc/topoi_1161-9473_1996_num_6_2_1675

31 – « The lost elephants of Arabia » de Dayton, Antiquity, Volume 42, Issue 165, Mars 1968, pp 42-45 :

https://www.cambridge.org/core/journals/antiquity/article/the-lost-elephants-of-arabia/DA3CE390FA7F137819B56B09DAB769CD#

 

Publicités

7 réflexions sur “Chapitre VII : Charmutha, Becius : le royaume Pount et ses pays

  1. Pingback: Chapître II : La quête du littoral de Charmothas | nantt44

  2. Pingback: Chapitre IV : Charmutha, Becius : le tropique du Cancer | nantt44

  3. Pingback: Chapitre V : Charmutha, Becius : les cascades de Charmutha | nantt44

  4. Pingback: Chapitre VI : Charmutha, Becius : Becius, ce fleuve disparu | nantt44

  5. Pingback: Chapitre III : Charmutha, Becius : les cartes de Ptolémée | nantt44

  6. Pingback: Chapitre I : Charmutha, Bétius : la cité mystérieuse et le fleuve disparu | nantt44

  7. Pingback: Chapitre VIII : Becius, Charmutha : Le changement climatique | nantt44

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s