Chapitre XIII : Charmuthas, Betius : Charmuthas et la civilisation minoenne

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Diodore le sicilien l’avait dit. Charmuthas était l’un des ports les plus renommées du monde antique. Et c’était vrai puisque cette cité s’avère être Ta Netjer, le pays divin des égyptiens. Divin, ce pays l’était aussi pour d’autres civilisations, pour des peuples plus lointains. A la suite d’un heureux hasard, j’ai découvert la beauté des peintures murales d’Akrotiri mais surtout la ressemblance de ses paysages et de sa faune avec ceux de Charmutha. Cette étrange correspondance est flagrante sur la photo de Djeddha prise en 1924, entre cette ville arabe de la mer Rouge et la terre à l’extrême gauche de la fresque des navires : les bateaux sur la mer, les maisons carrées et en arrière-plan les collines (figure XIII.a, références 70 et 71). Si le pays représenté était la terre divine des égyptiens alors pourquoi les minoens auraient-ils couvert leurs murs des scènes quotidiennes en provenance de cette contrée exotique ? Autre question, d’où viennent toutes leurs connaissances maritimes (construction des bateaux, maîtrise des vents, …) qui sont trop avancées techniquement pour des peuples à l’écart des principaux échanges commerciaux ? La réponse à ces deux questions pourrait être un lien culturel et commercial sous-estimé entre Akrotiri et Charmutha. A cette époque, les marins de Pount devaient rechercher des lieux sûrs pour entreposer leurs marchandises et les mettre à l’abri de la rapacité des rois et des brigands. Toutes ces petites îles méditerranéennes inaccessibles en dehors des bateaux étaient la solution idéale pour sécuriser leurs trésors. Se pourrait-il alors que Santorin soit une colonie de Charmuthas ? Se pourrait-il aussi que l’essor de la civilisation minoenne soit principalement dû aux apports techniques des marchands de Pount ? Ce chapitre développera les principaux arguments pour conclure à l’existence d’un lien étroit entre Santorin et Ta Netjer. Comme dans toute réflexion, il y a des limites qui seront détaillées au fur et à mesure de cette analyse. Quoi qu’il en soit, la conclusion de cet article sera inédite et en même temps troublante.

Figure XIII.a : la terre à l’extrême gauche de la fresque de la procession navale (référence n°70) et une photo de Djeddha en 1924 (référence n°71).

Chapitre XIII : Betius, Chamuthas : Charmuthas et les fresques d’Akrotiri.

Cet heureux hasard fût, d’abord, une récente étude scientifique (Marie Nicole Pareja Cummings et Tracie McKinney, référence n°72) sur la fresque des singes bleus d’Akrotiri (figure XIII.b, référence n°90). Les deux spécialistes y constatèrent de nombreux détails qui s’avèrent trop précis pour qu’ils soient dus aux hasard. Les artistes minoens avaient donc eu le temps nécessaire pour observer ces primates soit dans leur milieu naturel, soit dans une ménagerie. Et comme ce pays exotique ne peut pas être l’une des îles de la mer d’Égée, sa localisation reste une énigme et un sujet de recherche pour de nombreux historiens.

Figure XIII.b : la fresque des singes bleus d’Akrotiri (Wikipedia, référence n°90).

L’un des mystères d’Akrotiri est donc ce pays où pouvaient vivre ces singes bleus. Pour y répondre, Marie Nicole Pareja Cummings et Tracie McKinney ont d’abord remarqué un attribut peu répandu chez ces primates : leurs queues relevées. Cette particularité s’observe principalement chez les langurs, une espèce de singe du sous-continent indien. Les deux spécialistes américaines en deduisirent alors un lien commercial entre Santorin et l’Inde. Attention, cette remarque ne permet pas de conclure à des échanges commerciaux directs puisque des marchands auraient pu emmener ces singes avec eux et les offrir ou vendre à des collectionneurs.

Après avoir relevé la similitude physique entre les singes bleus et les langurs, Marie Nicole Pareja Cummings et Tracie McKinney ont constaté une flagrante ressemblance entre la fresque de la reine-mère (figure XIII.c, référence n°73) et un des sceaux mésopotamiens (British Museum Object Number 115418, référence n°74) : la déesse assise sur son trône, des servantes qui apportent des offrandes, des animaux de compagnie au pied du trône dont un singe… Au regard de cette ressemblance, les deux spécialistes en concluent que la fresque des singes bleus est une représentation de ces animaux non pas dans leur milieu naturel mais plutôt dans une ménagerie de la Mésopotamie. Les minoens commerçaient donc avec les mésopotamiens qui eux commerçaient avec les indiens, d’où le lien commercial entre Santorin et les Indes.

Figure XIII.c : Fresque de la reine-mère (wikipedia, référence n°91)

Cette analyse développée par Marie Nicole Pareja Cummings et Tracie McKinney est intéressante puisqu’elle aboutit à la conclusion d’un lien commercial entre Santorin et les Indes via la Mésopotamie. Mais leur raisonnement est discutable pour trois raisons au moins :

1- Première raison : Pour transporter leurs marchandises de la Méditerranée jusqu’en Mésopotamie, les minoens devaient normalement passer par l’Assyrie qui est le chemin le plus court. Et pour transporter leur marchandises, ils devaient voyager avec des chameaux. Or, dans toutes les fresques d’Akrotiri, les camélidés brillent par leur absence alors que les bateaux y sont largement représentés. Cette absence implique logiquement une route commerciale exclusivement maritime. Et cette route devait forcément passer par la mer Rouge via le delta du Nil puis devait longer les côtes de la Péninsule Arabique. En prenant cette voie commerciale, la Crète s’avère plus proche des Indes que de la Mésopotamie. Il y a donc une incohérence sur le lien commercial supposé entre Santorin, la Mésopotamie et les Indes.

2- Deuxième raison : il y a une différence importante entre le singe de la fresque de la déesse et celui du sceau mésopotamien. Le premier est un animal domestiqué pour cueillir des fleurs dans les arbres tandis que le deuxième est un animal de compagnie. Et en plus ce singe mésopotamien n’a pas de queue, ce qui ne permet pas de le rapprocher de celui de Santorin.

3- Troisième raison : Au pied du trône, derrière la reine-mère, il y a deux oiseaux attachés au mur et souvent confondus à tort à un griffon. Le premier est un rapace avec une tête blanche, un bec noir et un corps bicolore (noir sur le dos et blanc sur son ventre). Pour moi, cet oiseau de compagnie est un pygargue souvent appelé aigle pêcheur (figure XIII.d). Et parmi ses espèces, nous pourrions être plus précis et dire que c’est un pygargue de Pallas. A ses côtés, il y a un deuxième oiseau avec une tête bariolée, avec des ailes multicolores (blanches et bleues/vertes) mais surtout avec des yeux rouges. L’oiseau le plus ressemblant est cette fois-ci le coucou didric (figure XIII.e, référence wikipedia n°75). A l’inverse de la femelle, le mâle possède les yeux rouges, ce qui est un attribut extrêmement rare chez les oiseaux. L’intérêt de cet animal par rapport au pays des singes bleus est sa répartition géographique qui va de l’Afrique sub-saharienne jusqu’au sud de la péninsule arabique (exceptionnellement jusqu’en Israël). S’il y a correspondance entre le coucou didric et l’oiseau aux yeux rouges alors la Mésopotamie est en-dehors de sa zone géographique et ne peut pas être le mystérieux pays des fresques de Santorin.

Figure XIII.d : en haut et à gauche, l’aigle au pied de la reine-mère attaché au mur, puis trois pygargues marins : l’aigle pêcheur d’Afrique (haliaaetus vocifer, afrique sub-saharienne), le pygargue blagre (haliaaetus leucogaster, de l’Inde jusqu’en Australie) et le pygargue de Pallas (haliaeetus leucoryphus, toute l’Asie dont la Péninsule Arabique)

Figure XIII.e : à gauche, l’oiseau d’Akrotiri avec ses yeux rouges ; à droite, le coucou mâle de didric avec ses yeux rouges

Pour moi, ces trois remarques contredisent la conclusion de Marie Nicole Pareja Cummings et de Tracie McKinney. Le pays exotique des minoens ne peut pas être la Mésopotamie et le mystère d’Akrotiri reste donc total. L’intérêt de Charmuthas (appelé aussi Ta Netjer par les égyptiens) par rapport à cet énigme est de proposer une autre solution qui s’avèrera à la fin de notre analyse l’une des plus rationnelles. Cet antique port apporte une explication logique à toutes les questions que nous pourrions avoir. Un exemple parmi tant d’autres est le lion poursuivant trois cerfs sur la fresque de la procession nautique (figure XIII.f, référence n°92). Cette scène nous paraît aujourd’hui irréaliste mais pas du temps des pharaons. Le navigateur Diodore le sicilien rapporta la présence de ces deux espèces au nord de Charmuthas : « S’ensuit après une contrée champêtre et humide…mais aussi s’y retirent des troupeaux de chameaux sauvages, des cerfs et des daims. S’ils viennent d’avantage des lieux désertiques pour le pâturage, les pasteurs sont contraints de se battre jour et nuit contre les lions, les loups et les léopards« . Attention, ce témoignage ne permet pas de valider la théorie de Charmuthas puisque la zone géographique des cerfs et des lions était plus large et englobait l’Afrique méditerranéenne et le Proche-Orient.

Figure XIII.f : fresque de la procession nautique (wikipedia, référence n°92).

Un autre exemple est le disque de Phaistos en argile cuite. Sur chacune de ses faces, une spirale a été dessinée et décomposée en une trentaine de cases, chaque case étant remplie par des hiéroglyphes. Aujourd’hui sa fonction et sa traduction demeurent un mystère pour les spécialistes. Par rapport à notre réflexion, l’intérêt de ce disque est le symbole n°24, celui de la hutte sur pilotis (wikipedia, référence n°76). Cette habitation rappelle en effet celles représentées sur les fresques de Deir-el-Bahari comme le remarqua Evans (Evans, référence n°77). Cette ressemblance n’implique pas forcément un lien entre les minoens et Ta Netjer mais plutôt entre les minoens et un pays marécageux soumis à de nombreuses inondations. Évidemment la lagune de Charmuthas avec son fleuve correspond parfaitement aux critères mais cette hutte sur pilotis ne permet en aucun cas de confirmer notre hypothèse.

Ces deux exemples (les cerfs poursuivis par un lion et les huttes sur pilotis) suggèrent effectivement un lien fort entre Charmuthas et le mystérieux pays des minoens, ce pays que nous retrouvons dessiné sur les murs de Santorin et peut-être aussi représenté à travers les symboles de Phaistos. Pour arriver à cette surprenante conclusion, nous allons décomposé notre réflexion en six étapes qui se suivront logiquement les unes après les autres : 1- Démontrer que le mystérieux pays de Santorin est une immense lagune dans laquelle se jetait un fleuve sauvage et avec au moins deux grandes villes portuaires ; 2- Démontrer que l’Égypte n’est pas ce pays exotique ; 3- Démontrer que le royaume des pharaons avait des échanges commerciaux avec ce mystérieux pays de Santorin ; 4- À partir des partenaires commerciaux de l’Égypte, démontrer que ce mystérieux pays ne peut être que la Nubie ou Pount ; 5- Démontrer que la mystérieuse terre est l’un des pays du royaume arabe appelé Pount par les égyptiens ; 6- En déduire que ce mystérieux pays est Charmuthas pour les grecs ou Ta Netjer pour les égyptiens. Voici ma réflexion inédite sur les fresques d’Akrotiri qui devra être confirmée ou pas la communauté scientifique :

Étape n°1 : La première étape consiste à démontrer que le mystérieux pays de Santorin était une puissance maritime située dans une immense lagune.

Afin d’arriver à cette première conclusion, nous allons analyser la fresque de la procession nautique (figure XIII.f) pour y faire ressortir quelques détails pertinents. Cette cérémonie se regarde de gauche à droite. Elle débute et finit par une ville portuaire, toutes les deux étant au pied d’une montagne. A gauche, sur les collines qui surplombent le premier port, nous pouvons observer un lion qui poursuit trois cerfs. A droite, sur les hauteurs de la seconde ville, trois maisons ont été construites sur un Acropole et rappellent les trois magnifiques temples de Badeo décrits par Diodore. Entre les deux ports, nous pouvons compter onze bateaux qui se suivent sur deux lignes et qui naviguent de la gauche vers la droite. La première ligne commence par un bateau de pêcheurs et finit par une barque. Entre les deux, il y a un voilier et trois bateaux-bus propulsés par une godille. La deuxième ligne commence derrière le promontoire du premier port avec trois bateau-bus puis deux barques amarrées dans le deuxième port. Il faut remarquer qu’à la poupe de tous les bateaux, y compris le voilier, il y a un homme debout avec une godille comme un gondelier. Cette technique de navigation consiste à faire des huits avec la rame et s’avère très pratique lorsque le plan d’eau est calme, par exemple sur un étang ou sur une lagune. En pleine mer, cette manoeuvre est moins efficace et le « gondelier » peut accidentellement tomber à cause de la houle. Par déduction, cette procession nautique devait se dérouler sur une immense lagune.

Figure XIII.g : les deux fresques des pêcheurs (Wikipedia, référence n°93 et n°94)

A part la godille, nous n’avons pas d’autres éléments qui puissent évoquer directement cette lagune. Par contre, les fresques des pêcheurs et de la reine-mère confortent notre analyse. L’une des principales caractéristiques de ces milieux aquatiques est la richesse en nutriments, ce qui en fait un écosystème extrêmement réputé pour leurs eaux poissonneuses. Cette abondance naturelle expliquent les bonnes prises que pouvaient effectuer les pêcheurs (les deux fresques de pêcheur, figure XIII.g). Elle explique aussi la présence du pygargue de Pallas (fresque de la reine-mère, figure XIII.c) puisque cet oiseau est un piscicole réputé pour sa consommation gargantuesque de poissons et qu’il a besoin de vivre près des lacs et des fleuves.

A ce stade de notre réflexion, nous ne pouvons pas dire que cette lagune est celle de Charmuthas : « Et plus bas un Quersonnesse où il y a un des meilleurs qui se trouve écrit dans les histoires nommé Charmutha…« . Par contre, nous avons de nombreuses similitudes entre la description de Charmuthas et le mystérieux pays d’Akrotiri : le « Quersonnesse » pourrait être la presqu’île du premier port ; les trois temples sur une Acropole pourraient être les maisons situées à l’arrière du second port (Figure XIII.h, voir le chapitre XI sur l’Acropole de Charmutha) ; le rocher illuminé par les rayons du soleil pourrait être la falaise à côté du second port avec ses motifs en forme d’arc-en-ciel ; les eaux poissonneuses pourraient expliquer les bonnes prises faites par les pêcheurs et la présence du pygargue de Pallas ; le fleuve qui se jetait dans le port et qui pourrait être celui représentée sur la fresque de la rivière sauvage (Fresque de la rivière sauvage, figure XIII.i, référence n°95). Nous avons ici cinq points communs entre le paysage de Diodore et celui de Santorin. Ces cinq similitudes sont toutes en faveur de notre théorie mais pas assez précises pour la valider. Par contre, nous pouvons dire qu’avec deux ports, ce mystérieux pays était une puissance maritime située dans une immense lagune. Cette conclusion sera le début de notre réflexion pour valider notre hypothèse sur Charmutha.

Figure XIII.h : similitude entre le temple de la procession nautique et les fondations supposées du temple cubique de l’Acropole de Badeo avec 3 blocs parfaitement distincts

Figure XIII.i : fresque de la rivière sauvage (wikipedia, référence n°95)

Étape n°2 : Démontrer que l’Égypte ne peut pas être ce pays mystérieux.

Au 2ème millénaire avant J.C., en dehors des minoens, la seule et unique puissance maritime en Méditerranée était l’Egypte puisqu’elle maîtrisait toutes les techniques nécessaires pour la navigation. Cependant cette civilisation n’avait pas l’ambition de dominer la mer car cet espace maritime était pour elle le domaine réservé de Seth. Les égyptiens avaient une si grande peur de ce dieu que peu d’entre eux osaient voyager par la mer. Pour trouver les marins nécessaires à leurs expéditions, les pharaons étaient obligés de faire appel à d’autres peuples. Ainsi, malgré ses connaissances maritimes, l’Égypte n’était pas réellement une puissance navale à la différence du mystérieux pays. Nous pouvons dire, en plus, que l’Egypte n’est pas la terre exotique de Santorin pour les quatre raisons suivantes:

1- le delta du Nil est une région plate et non montagneuse (et donc pas de colline à l’arrière des ports égyptiens) ;

2- l’uraeus chez les égyptiens était un cobra et ne correspondait pas à celui de la prêtresse d’Akrotiri ;

3- les bateaux des égyptiens étaient construits en roseaux et sont absents des fresques d’Akrotiri.

4- la zone géographique des aigles pêcheurs englobe toute l’Asie tandis que celle du coucou dridich va de l’Afrique sub-saharienne jusqu’à la péninsule arabique. Leurs zones communes excluent les rivages de la Méditerranée dont l’Egypte.

Suite à ces remarques, nous pouvons écarter l’Égypte de la liste des « prétendants ». Par contre, Charmuthas satisfait à deux critères sur les quatres : les collines à l’arrière des ports qui peuvent la barrière montagneuse appelée Hedjaz ; la présence simultanée des pygargues de Pallas et des coucous dridich au sud de la péninsule arabique. Pour l’uraeus et les bateaux, nous n’avons pas assez d’informations qui puissent valider ou pas notre théorie.

Cette deuxième conclusion permet d’exclure l’Egypte de la liste des « prétendants ». Quant au port de Charmuthas, il a l’avantage de satisfaire aux critères énumérés dans cette section.

Étape n°3 : Démontrer que le royaume des pharaons avait des échanges commerciaux avec ce mystérieux pays de Santorin.

Pour démontrer le lien commercial entre l’Égypte et la terre exotique d’Akrotiri, il faut d’abord remarquer que le mystérieux pays était une puissance commerciale maritime avec au moins deux ports. Ses marchands commerçaient avec les minoens et en même temps ne pouvaient pas ne pas commercer avec les Égyptiens. Il nous paraît logique d’espérer retrouver ce mystérieux pays chez les égyptiens, peut-être sous une appellation inattendue.

Autre point, le pharaon et toute sa noblesse adoraient créer des jardins exotiques avec des animaux en provenance des contrées lointaines. Et parmi ces animaux exotiques, il y a au moins deux primates identiques à ceux de Santorin : le singe du gouverneur Pahery et de sa femme Henouterneheh (figure XIII.j, référence n°78) ; le singe du scribe Ouserhat (figure XIII.d, référence n°79). Ces primates, comme ceux de Santorin, sont globalement bleus avec une face blanche. Ils ont surtout la queue relevée, cet attribut rare qu’avaient relevé les deux scientifiques américaines.

Figure XIII.j : le singe de Pahery (référence n°78).

Figure XIII.k : tombe de Ouserhat (référence n°79) avec deux singes bleus représentés au pied du couplé (voir flèche rouge).

En conclusion de cette section, les égyptiens devaient normalement faire commerce avec le mystérieux pays des minoens. Nous pourrons alors rechercher les partenaires commerciaux des égyptiens, ce qui nous permettra d’obtenir une liste réduite des possibles « prétendants ».

4- À partir des partenaires commerciaux de l’Égypte, démontrer que ce mystérieux pays ne peut être que la Nubie ou Pount :

Pour obtenir la liste des principaux partenaires commerciaux de l’Egypte, nous allons analyser les peintures murales de la tombe de Rekhmirê, en particulier celle des « tribus des peuples étranger ». Rekhmirê (savant comme Rê) était vizir de deux pharaons Thoutmosis III et Amenhotep II. L’une de ses principales tâches était de collecter différentes taxes dont les tributs des peuples étrangers. Dans sa chapelle funéraire, une de ces représentations célèbre une cérémonie annuelle au cours de laquelle les peuples proches et lointains présentaient leurs tributs au Pharaon (figure XIII.l, référence n°80). Ce défilé officiel a été décomposé en cinq registres (parties horizontales) avec les cadeaux rapportés des pays étrangers : en haut, de Pount ; puis de la Crète nommée Keftiou ; puis du Sud, principalement de la Nubie ; puis des régions asiatiques de la Méditerranée nommées Retenou, principalement d’Assyrie ; et enfin, en bas, des captifs des pays vassaux (Nubie et Retenou). A cette époque, Pount et la Crète n’étaient pas assujettis à l’empire Égyptien. Le royaume arabe pouvait offrir des cadeaux au Pharaon Thoutmosis III pour s’assurer de sa bienveillance mais les minoens, eux, ne craignaient pas les armées égyptiennes et n’avaient aucun intérêt à obtenir les bonnes grâces du Pharaon. Par contre, dans l’hypothèse d’un lien commercial fort entre les minoens et Charmuthas, il devait y avoir une route maritime entre les deux royaumes et celle-ci passait forcément par le delta du Nil. Depuis la Méditerranée, les navires pouvaient remonter l’une des branches du fleuve et emprunter ensuite le canal des Pharaons depuis Zagazig jusqu’à la mer Rouge via Heropolis (voie maritime entre la Méditerranée et la mer Rouge, figure XIII.m). Ces tributs que Pount et la Crète offraient au pharaon pourraient être tout simplement un droit de passage pour leurs bateaux et leurs marchandises.

Figure XIII.l : tribut des peuples étrangers (tombe de Rekhmirê, référence n°80).

Figure XIII.m : canal des pharaons, ancienne branche du Nil qui se jetait dans la mer Rouge (tracé en rouge).

En conclusion, cette fresque rappelle l’importance pour les minoens d’accéder à la Rouge mais aussi pour les marchands de cette terre exotique d’accéder à la Méditerranée. Comme les minoens, les représentants de ce mystérieux pays devaient payer un tribut et étaient forcément représentés sur l’un des registres de cette cérémonie annuelle. De ce fait, nous pouvons dire que la liste des prétendants pour cette terre exotique de Santorin se réduit à la Nubie ou à Pount.

5- Démontrer que la mystérieuse terre est l’un des pays du royaume arabe appelé Pount par les égyptiens.

La cérémonie des tributs des peuples étrangers apportent donc une information cruciale. Les seuls pays avec qui commerçaient les égyptiens sont les îles minoennes, le pays de Pount et la Nubie. Pour démontrer que le pays exotique de Santorin est Pount, il suffit d’exclure la Nubie de la liste des prétendants. Et pour cela, il suffit d’exploiter quelques détails pertinents que nous pouvons retrouver sur plusieurs fresques. Sur la fresque de la reine-mère, nous avons à priori un pygargue de Pallas que nous pouvons observer dans toute l’Asie y compris la Péninsule Arabique mais pas en Afrique. Sur la fresque de la procession nautique, nous avons trois cerfs poursuivis par un lion. Des cerfs, il y en avait chez les égyptiens (Scène de chasse d’Antefoqer, référence n°81) mais pas au-delà des premières cascades du Nil et en particulier chez les nubiens. Sur la fresque des antilopes (figure XIII.n, référence n°96), nous avons deux spécimens souvent associés à des oryx beïsa (Figure XIII.o, référence n°82). Il existe, cependant, une autre espèce d’antilope plus proche de celles représentées sur la fresque à cause du blanc : l’antilope d’Arabie (Figure XIII.o, référence n°83). A ma connaissance, cette antilope n’était pas présente au-delà des premières cascades du Nil, en particulier dans l’ancienne Nubie.

Figure XIII.n : fresque des antilopes avec celle des boxeurs (wikipedia, référence n°96)

Figure XIII.o : à gauche, un oryx beïsa ; à droite, un oryx d’Arabie (côte à côte pour comparer la couleur de ces deux antilopes)

Toutes ces remarques permettent d’exclure la Nubie de la liste des prétendants. Pount est de ce fait le seul et unique prétendant pour cette terre exotique des minoens. Cette théorie serait idéale à une seule et unique condition. Existaient-t-il des singes bleus dans la péninsule des singes ? Aurons-nous la possibilité d’y répondre un jour ? Surement pas mais, à Najrân, il existait des singes avec des queues redressées et dont l’un d’entre eux fut représenté sur une gravure rupestre (figure XIII.p, référence n°19). Cette représentation grossière ne permet pas de confirmer la présence d’un primate bleu comme celui d’Akrotiri mais conforte notre théorie sur Pount.

Figure XIII.p : gravure rupestre d’un singe à Najran (référence n°19, page 87)

6- En déduire que ce mystérieux pays est Charmuthas pour les grecs ou Ta Netjer pour les égyptiens.

Après avoir démontré que cette terre exotique de Santorin ne pouvait être que Pount, notre dernier objectif est de situer ce mystérieux pays le long des côtes de la Péninsule Arabique. Pour cela, nous allons exploiter les fresques de la rivière sauvage et du papyrus qui, tous les deux, suggèrent l’existence d’un fleuve. Celui-ci devait jetait dans la lagune de Charmuthas ou plutôt dans cette petite mer à l’intérieur des terres. Retrouver ce pays consistera donc à reprendre la liste de tous ces fleuves de la Péninsule Arabique et à les exclure les uns après les autres. D’après Ptolémée et sa géographie de l’époque romaine (référence n°8), le grec ne cita que trois grands fleuves :

  • Premier fleuve : LARIS (source (86,5° ; 23,5°) ; embouchure (87° ; 18°)) : Ce fleuve qui se jetait dans le golfe persique est à exclure puisque le paysage côtier est plat et non pas montagneux.
  • Deuxième fleuve : PRIONIS (source (84° ; 13,5°) ; embouchure (82° ; 17,5°)) : Ce fleuve qui se jetait dans l’Océan Indien est à exclure puisqu’ils n’y avaient pas de cerfs à l’extrême sud de la péninsule arabique.
  • Toisième fleuve : BETIUS (source (69,5° ; 20,66°) ; embouchure (76° ; 24,5°)) : Après avoir exclu les deux premiers, le Betius est le dernier fleuve de la Péninsule Arabique qui respecte nos critères. Le pays mystérieux de Santorin ne peut être que cet antique port appelé Charmuthas par les grecs ou Ta Netjer par les égyptiens.

Aujourd’hui, notre réflexion aboutit à cette conclusion inédite mais aussi très surprenante puisque Charmuthas serait à la fois le pays divin des minoens mais aussi celui des égyptien Ta Netjer. Il m’a cependant semblé pertinent de rappeler l’ensemble des similitudes que nous avons trouvé :

1- La fresque de la procession nautique : le lion et les cerfs que Diodore énuméra ; la godille qui se pratique sur une lagune.

2- La fresque de la rivière : la présence d’un fleuve sauvage, le griffon en haut, à gauche, que j’identifie plutôt à un loup d’Arabie se jetant sur une oie.

3- Les deux fresques des pêcheurs : la dorade coryphène qui vit dans une mer chaude (entre 23° et  26°) comme celle de la mer Rouge ; les quantités de poissons pêchés qui pourrait expliquer les eaux poissonneuses de Diodore.

4- La fresque de la bataille navale : à l’arrière-plan, au milieu des chevaux, il y a un éléphant domestiqué (figure XIII.q) qui rappelle la gravure rupestre d’un cornac et de son pachyderme (référence n°97).

Figure XIII.q : fresque de la bataille navale (wikipedia, référence n°97)

5- La fresque de la reine-mère : l’oiseau aux yeux rouges qui pourrait être un coucou Didric ; l’oiseau noir et blanc qui pourrait être un pygargue de Pallas.

6- La fresque de la prêtresse : le serpent sur sa tête qui rappelle l’histoire de l’île de Ka chez les égyptiens (voir chapitre XII : Charmutha et Ta Netjer).

7- La fresque des singes bleus : les primates avec une queue relevée dont une gravure rupestre suggère son existence.

8- La fresque des papyrus (référence n°98) : cette plante qui ne pousse que dans des marécages aux eaux chaudes comme ceux que nous pourrions trouver à l’embouchure du Betius.

9- La fresque des cueilleuses de Safran (figure XIII.r, référence n°99) et celle du printemps (référence n°100) : le paysage rocailleux en lui-même est surprenant. A ma connaissance, je n’ai pas trouvé d’exemple qui puisse autant ressembler à cette fresque, sauf peut-être un récif corallien découvert. Si c’était des coraux émergés, ça pourrait expliquer la quantité de madrépore qui servit de matériau pour la construction des maisons dans cette région, comme celles de Djeddah au 19ème siècle (Burckhardt, référence n°84). Cette fresque me suggère plus de questions que de réponses : se pourrait-il qu’un réchauffement climatique comme celui de l’optimum minoen puisse diminuer le niveau de la mer ? Se pourrait-il que la fonte des derniers glaciers puisse être largement compensée par l’évaporation des mers et par la formation d’immenses lacs dans le Sahara ? Seule l’avenir permettra d’y répondre.

Figure XIII.r : fresque des cueilleuses de Safran (Wikipedia, référence n°99).

Aujourd’hui notre étude apporte un regard inédit sur les fresques de Santorin. Cette théorie d’un lien entre la civilisation minoenne et Charmuthas s’avère être l’une des plus cohérentes, y compris par rapport aux dernières publications scientifiques. Cependant cette étude devra être validée par la communauté scientifique. Si Akrotiri était réellement une colonie de Pount, alors l’histoire de la région devrait être approfondie au regard de cette nouvelle hypothèse. Un exemple parmi tant d’autres est l’écriture linéaire A des minoens. D’après Evans (référence n°85), il y a une réelle filiation entre cette écriture et le linéaire B puisque, sur les 87 syllabogrammes du B, 64 sont homomorphes d’un syllabogrammes du A. Par contre, entre les hiéroglyphes minoens et le linéaire A, sur les 90 signes de la seconde écriture, seuls 21 d’entre eux présentent une similitude avec quelques fois une certaine imagination débordante, ce qui fait une faible filiation. Autre incohérence rapportée par Jean-Pierre Olivier (référence n°85), sur une île de 300 km de long, les deux écritures ont cohabité sur une durée assez longue et pour des utilisations quasi-similaires. La cohabitation harmonieuse entre l’aristocratie minoenne et les marchands de Charmuthas pourrait alors expliquer toutes ces incohérences. Les premiers utilisaient encore les hiéroglyphes tandis que les seconds le linéaire A, ce qui sous-entend une origine sémitique. Les spécialistes ont peut-être sous-estimé les pays côtiers de la Mer Rouge. Le chaînon manquant pourrait ainsi se trouver en Arabie Heureuse, qui sait sous les sables de la baie au sud de Djeddha.

Un autre exemple est le temple cubique au XVIIème siècle avant JC érigé à cette époque sur une colline plate et allongée. Ce bâtiment religieux a été représenté sur la fresque de la procession nautique, en hauteur derrière Badeo. Ce port était la destination finale des bateaux-bus qui provenaient pour certains de Thebe (aujourd’hui Djeddha). Dans le cadre de notre réflexion, il faut noter que les voyageurs assis sont tous habillés d’une djellaba tandis que les habitants de cette région sont torse nu. L’intérêt de cette remarque est la présence d’un autre groupe de voyageurs sur la montagne du second port. Ces touristes d’un autre temps gravissent la colline pour atteindre le temple cubique où les attend un prêtre ou une prêtresse. Nous avons donc ici l’une des plus anciennes représentations d’un pèlerinage religieux. Cette fresque s’avère importante d’un point de vue religieux puisque ce pèlerinage s’appelle hajj par les musulmans. Mais cette scène est problématique car les pèlerins ne vont pas à l’intérieur de la lagune, vers un lieu entouré de montagne, mais plutôt vers un lieu situé en hauteur, sur une Acropole, au bord de la mer Rouge. Je vous laisse imaginer les conséquences d’une telle remarque.

Mon chapitre précédent (chapitre XII) avait permis de démontrer que Ta Netjer, le pays divin des égyptiens était le port de Charmuthas. Aujourd’hui, j’ai démontré que le mystérieux pays ou plutôt le pays divin des minoens était aussi le port de Charmuthas. Cette terre au bord de la mer Rouge s’avère être sacrée pour deux civilisations au moins. La phrase de Diodore prend alors toute sa signification : « Et plus bas un Quersonnesse où il y a un des meilleurs qui se trouve écrit dans les histoires nommé Charmutha… ». Ici, dans cette lagune, naquit l’une des plus anciennes civilisations Ta Netjer que nous pouvons traduire littéralement par le pays du Dieu. Ma prochaine et dernière étude recherchera le dieu en question parmi ceux du panthéon égyptien, ce qui permettra d’apporter de nouvelles pièces historiques. L’histoire de cet homme OSIRIS déifié entre-temps et de sa soeur ISIS apportera un nouveau regard sur les différentes connaissances qu’ont transmises les habitants de Charmuthas aux égyptiens.

Bibliographie/Bibliography : Ci-joint la bibliographie complète

70 – « Akrotiri (Santorin) », Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Akrotiri_(Santorin)

71 – « Queen of the India trade », William Facey :

Photo de Djeddha en 1924

72 – « How we solved the Greek monkey mystery – and found an important clue to Bronze Age world », Marie Nicole Pareja Cummings et Tracie McKinney, 2019.

theconversation.com/how-we-solved-the-greek-monkey-mystery-and-found-an-important-clue-to-bronze-age-world-129576

73 – « New art historical and primatological perpectives on monkey iconography in bronze age Aegean wall painting », Marie N. Pareja :

https://www.researchgate.net/publication/330261707_New_Art_Historical_and_Primatological_Perspectives_on_Monkey_Iconography_in_Bronze_Age_Aegean_Wall_Paintings

74 – British Museum Object Number 115418 :

https://media.britishmuseum.org/media/Repository/Documents/2014_11/11_9/5447148f_5d53_4c3c_9642_a3e0009a2f3c/mid_01571197_001.jpg

75 – Diederik cuckoo, le coucou Didric (Wikipedia) :

Version française : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Coucou_didric

English Version : https://en.m.wikipedia.org/wiki/Diederik_cuckoo

76 – Disque de Phaistos (wikipadia) :

https://en.wikipedia.org/wiki/Phaistos_Disc

77 – Arthur Evans, Scripta Minoa, the written documents of Minoan Crete, with special reference to the archives of Knossos, Classic Books, 1909

78 – Tombe de Pahery et de son épouse :

https://www.osirisnet.net/tombes/el_kab/pahery/pahery_03.htm

79 – Tombe de Ouserhat, TT56, Mur Sud, la belle fête de la vallée :

https://www.osirisnet.net/tombes/nobles/ous56/ouserhat56_03.htm

80 – La tombe de Rekhmirê, Thebes :

https://www.osirisnet.net/tombes/nobles/rekhmire100/rekhmire100_01.htm

81 – Tombe de Antefoqer et Senet, TT60, mur nord du couloir :

https://www.osirisnet.net/tombes/nobles/antefoqer/antefoqer_02.htm

82 – Oryx Beïsa, Wikipedia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Oryx_be%C3%AFsa

83 – Oryx d’Arabie, Wikipedia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Oryx_d%27Arabie

84 – « Burckhardt’s travel in Arabia », Edinburgh Review, Or Critical Journal, Volume 16 à 50, page 1829 (page 169 du tome) :

https://books.google.fr/books?id=fUk7AQAAMAAJ&pg=PA168&lpg=PA168&dq=burckhardt+madrepore&source=bl&ots=Aicw6HhHF5&sig=ACfU3U17hXSA_foPA4BT1sjl8N5QGbMlnw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwi4te7dnJHrAhVS4YUKHcFFDeIQ6AEwAXoECAgQAQ#v=onepage&q=burckhardt%20madrepore&f=false

85 – « Les écritures syllabiques égéennes et leur diffusion en Egypte au premier millénaire avant notre ère », Jean-Pierre Olivier :

http://www.ceei.univ-paris7.fr/04_bibliotheque/01/pdf/10_Jean-Pierre_Olivier.pdf

90 – Fresque des singes bleus, Akrotiri :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Akrotiri_blue_monkeys.jpg

91 – Fresque de la déesse (renommée volontairement reine-mère), Akrotiri :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Potnia_Theron,_Akrotiri.jpg

92 – Fresque de la procession nautique, Akrotiri :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fresque_de_la_procession_nautique

93 – Fresque du premier pêcheur avec des maquereaux, Akrotiri (site Web kartavoir.blogspot.com) :

http://kartavoir.blogspot.com/2015/03/n161-la-fresque-du-pecheur-1650-av-jc.html

94 – Fresco of fisherman, fresque du deuxième pêcheur avec des dorades coryphènes, Akrotiri (site Web Wikipedia) :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Akrotiri_-_Fresco_of_a_fisherman.jpg

95 – River Fresco, fresque de la rivière sauvage, Akrotiri (Wikipedia) :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Akrotiri_river.jpg

96 – Antelopes fresco, la fresque des antilopes, Akrotiri (Wikipedia) :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fresque_des_antilopes

97 – Fresco of shipwreck, Fresque de la bataille navale, Akrotiri (Wikipedia) :

https://de.m.wikipedia.org/wiki/Datei:Akrotiri_fresco_shipwreck.png

98 – Fresco of papyrus, fresque des papyrus, Akrotiri (Wikipedia) :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Akrotiri_papyrus.jpg

99 – Fresco of Saffron gatheres, Fresque des cueilleuses de Safran, Akrotiri (site researchgate.net) :

https://www.researchgate.net/figure/The-Saffron-Gatherers-fresco-from-the-upper-storey-of-Xeste-3-at-Akrotiri-Doumas_fig5_324530890

100 – Spring fresco, la fresque du printemps, Akrotiri (wikipedia):

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Spring_fresco_Akrotiri_NAMA.jpg

80 – Oryx beïsa, Wikipedia :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Oryx_be%C3%AFsa

81 – Oryx d’Arabie, Wikipedia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Oryx_d%27Arabie

2 réflexions sur “Chapitre XIII : Charmuthas, Betius : Charmuthas et la civilisation minoenne

  1. Pingback: Chapter XII: Betius, Chamuthas: God’s land and Charmuthas | nantt44

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